La Poste, un grand plan d’économies à venir !

mercredi 31 juillet 2019
par  Sud PTT 13

Communiqué de presse de la Fédération Sud PTT du 31 juillet 2019.
Aujourd’hui étaient présentés des dossiers importants au Conseil d’administration de La Poste, dont les comptes de l’entreprise à mi-année et le projet Mandarine (montée
de la CDC au capital de La Poste, via le rapprochement de cette dernière avec la CNP).
Ces deux dossiers confirment que l’objectif numéro un, pour la direction et les actionnaires, ce ne sont pas les employé·e·s, mais bien les profits de l’entreprise.
Des comptes loin d’être au beau fixe
Pour la deuxième année consécutive, les résultats continuent leur chute et cela dans
tous les secteurs de l’entreprise. Si le chiffre d’affaires est en hausse (+4,5 %), le résultat d’exploitation (REX) est en baisse de 29 %. Pire le CA hors acquisition stagne (+0,8 %) quand le REX sans les acquisitions baisse de 36 %. Le résultat net est quant à lui en baisse de 25 %. La direction pointe deux raisons : les taux bas, mais aussi les
diverses mesures gouvernementales (prime Macron et réduction/limitation des frais
bancaires).
Les résultats de la branche Courrier continuent de baisser malgré la constante augmentation du prix du timbre. Pour cette branche, c’est un recul du REX de 23 %, malgré une augmentation du CA. L’augmentation du timbre ne couvre que la moitié des pertes du courrier. Pire, les fortes augmentations successives (le prix du timbre a doublé en 6 ans !) contribuent à la baisse des volumes du courrier traditionnel, sur laquelle La Poste verse des larmes de crocodile.
Quant aux nouveaux services et à la silver économie, ils sont loin de représenter un
modèle alternatif, voire complémentaire. Côté logistique, la dégringolade continue avec en ligne de mire, l’avenir de Viapost Logistique Connectée et des ses salarié·e·s.
Deuxième point faible : la banque.
Pourtant présentée comme un fleuron de La Poste, son Produit Net Bancaire (PNB) est encore en recul de 3 %. Ceci est dû en partie à la loi votée en 2019, gelant les tarifs bancaires et plafonnant les frais d’incidents bancaires. La direction a indiqué que sans cette obligation, le PNB aurait stagné (proche d’une évolution zéro).
Cependant, on ne peut écarter, dans les causes de ce recul, le mode de gestion d’une
banque qui veut jouer dans la cour des grands sans en avoir les moyens. Résultat : seulement un compte ouvert pour sept clôturés. La suppression constante de personnel et l’externalisation d’activités provoquent aussi une baisse de la qualité de service, notamment sur les chèques et les délais d’encaissement.
Troisième point faible : le Réseau.
Cette fois, ce sont à la fois le CA et le REX qui sont en baisse pour la Branche. Baisse
de la fréquentation des automates (courrier colis bancaires), mais aussi impact négatif
de la Poste Mobile sur le REX malgré sa contribution positive pour le groupe.
GEOPOST pour sa part connaît une augmentation de 7,2 % de son CA, et de 3,2 % de son REX, mais ces chiffres sont artificiels. En effet, une nouvelle norme (IFRS 16) oblige La Poste à comptabiliser ses locations en dettes. Cela représente 21 millions pour Geopost. Sans cet ajustement comptable, le REX serait négatif de 7,53 %. Ce qui engendre un recul important notamment sur trois pays : l’Allemagne, l’Espagne et la Russie. Pour cette dernière, la situation est assez catastrophique puisqu’on a un recul du REX de 274 % et de 6,2 % du volume de colis. Pour l’Espagne, au-delà de l’arrivée d’Amazon comme concurrent, La Poste a pointé l’impact de l’augmentation du SMIC de 22 % sur ces mauvais chiffres. Ce qu’elle semble prendre comme une mauvaise nouvelle est plutôt une bonne pour nous.
Mandarine pour sauver tout cela
La Poste compte bien sur l’opération « Mandarine » (mandarine car il s’agit du mélange du jaune postal et du rouge de la CDC—et que, bien évidemment, le terme “Orange” est déjà utilisé), pour se refaire la cerise. Dans un contexte de net recul, l’apport de la CNP va permettre de dissimuler les errements stratégiques de l’entreprise, tout en ayant pour conséquence l’accentuation de son orientation, à savoir toujours plus de profits. Il acte aussi globalement le désengagement de l’État dans les services publics avec le renvoi vers les nouvelles MSAP de missions de service public opéré par d’autres administrations.
Un grand plan d’économies sur le dos des postier·e·s
La Poste a confirmé la mise en place d’un plan d’économies de 300 millions d’euros
(s’étalant sur 2019 et 2020) qui concernera aussi une réduction des « charges » des
Branches. Il est assez facile d’envisager que ce sont encore les postier·e·s qui vont trinquer avec une diminution de l’emploi. Elle ne pourra qu’entraîner une dégradation des
conditions de travail et l’austérité salariale.
Nous n’avons de cesse de le répéter, la question du service public postal devient centrale non seulement parce qu’elle impacte La Poste, mais parce qu’à terme, elle va
impacter l’ensemble des services publics sur les territoires. Il est grand temps de mettre certains débats sur la table, comme celui d’un vrai pôle public financier, et pas l’ersatz que nous vendent les actionnaires et la direction de La Poste.
À l’époque où il n’était encore que candidat au poste de PDG, Philippe Wahl présentait
son programme de choc pour La Poste. Le magazine Challenge avait alors titré qu’il
promettait « du sang et des larmes » aux postier·e·s. Vu les annonces, cela risque de
suinter encore par tous les pores.


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La Poste, un grand plan d'économies à venir (...)
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